Akira HINO : le sens du contact – Master Class mars 2013

Ce master class s’est déroulé les 23 et 24 mars 2013 à Herblay.
Je ne livre que quelques exercices car j’ai participé à ce stage avec un copain, j’ai donc naturellement profité des moments de repos pour discuter avec lui au lieu de prendre des notes… normal… De plus, je l’ai rédigé tardivement, ce qui ne facilite pas les choses pour se rappeler de tout ce qui a été pratiqué…  Mais ce que vous y lirez est cependant conforme à ce qui a eu lieu!! Bah oui, quand même🙂

Dérouler la main
Un premier travail proposé portait sur la qualité de la prise de contact avec l’adversaire.
L’exercice a consisté à dérouler progressivement la main grande ouverte sur l’avant-bras du partenaire, en partant du talon de la main jusqu’au bout de l’index.

Maître HINO a plusieurs fois montré l’axe passant par la ligne de vie de la main et allant jusqu’au bout de l’index, pour bien faire comprendre que l’appui était progressif dans le déroulement des points de contact mais continu et régulier dans la pression.
Au fur et à mesure que Akira HINO déroulait sa main, sans forcer, sur l’avant bras de son partenaire, ce dernier était progressivement amené vers le sol, comme s’il subissait la pression de la main du maître.
En regardant bien, on pouvait voir que ce n’était pas uniquement la main qui agissait.
Ici, peut être qu’il fallait mobiliser le sternum comme dans les autres stages, mais cet aspect n’a pas été mis en avant. Ce que j’ai pu observer c’est que le corps entier était mobilisé. En effet, lorsque Maître HINO déroulait sa main en prenant le contact avec son partenaire, sa main avançait, en entraînant le partenaire, mais c’est son corps entier qui avançait. Je dirais même surtout son centre (tantien ou hara).
Comme si son centre était relié à sa main ou si son centre poussait sa main (au Taï Chi on dit parfois qu’il faut mettre  le centre dans la main pour être relié et pouvoir agir globalement).
Plus facile à dire qu’à faire, je sais…
Mais si le centre est une chose, ce n’est pas tout. En regardant toujours un peu plus, il m’a semblé évident que le partenaire était plus attiré ou amené vers le sol que vers l’arrière. A la fin du mouvement, HINO senseï avait les jambes bien fléchies et même si l’ensemble de son corps s’était déplacé de l’arrière vers l’avant, il s’était aussi abaissé vers le sol.

Ici, Hino Senseï n’a pas parlé du travail des jambes. D’ailleurs il n’en parle jamais, si ce n’est pour dire que les jambes n’ont pas de rôle particulier, que les exercices à deux fonctionnent sans se soucier des jambes. Cela ne signifie pas forcément que les jambes n’ont pas de rôle à jouer mais il estime en tout cas que nous n’en n’avons pas besoin à notre niveau.

En Taï Chi Chuan, par contre, les jambes ont un rôle important. Le mouvement part du sol, passe par les pieds qui y prennent leur contact et leurs appuis, puis se transmet dans les jambes, le corps, le dos et les bras. Les jambes transmettent le mouvement et forment des spirales. En même temps, le mouvement part du sol, passe par un pied, puis par la jambe, redescend dans l’autre jambe, arrive dans l’autre pied et se termine dans le sol.
Tout part du sol et retourne vers le sol: un circuit énergétique circulaire est créé dans les jambes. Il n’est pas facile à ressentir, cela prend du temps mais il est pourtant réel.

Ceci dit, je ne sais pas s’il est travaillé dans tous les styles de Taï Chi Chuan, je ne parle ici que du style Yang Originel. C’est ce qu’on appelle les « roues de jambes ». On ressent ce circuit  physiquement mais il faut réellement fléchir vers le sol dans le pied d’arrivée à la fin du mouvement sinon le cercle ne retourne pas vers la terre ou le sol mais reste comme suspendu, en hauteur, et l’action est bien moins efficace et puissante.
Alors forcément, en voyant Akira Hino fléchir  les genoux progressivement pendant ses mouvements, j’ai de suite fait le parallèle. Je ne dis pas qu’il fait des «roues de jambes» mais bigre, ça y ressemble furieusement.
On pouvait voir, si on était attentif à ce point, outre la roue des jambes, le déroulé progressif des pieds ou roue des pieds, ce qui induit un travail global du corps (avec pourquoi pas une roue qui se transmet et passe dans le corps?). Le fait-il avec cet esprit, je ne le sais pas, mais comme c’est un aspect que je travaillais personnellement à ce moment en Taï Chi, cela m’a marqué.

Ce travail sur la qualité du contact a ensuite été décliné dans de nombreux exercices.
On s’est donc entraîné au niveau de la main, de l’avant bras, de la ceinture scapulaire, du poing (la surface de contact était ici plus réduite) et avec le bâton.
Le contact se faisant à chaque fois en se déroulant progressivement et de manière continue.

Dérouler le poing
Pour le contact du poing, on était debout face à face. Le bras avant un peu fléchi avec le poing posé sur la poitrine du partenaire. Et là encore, on prenait progressivement contact, dans un mouvement qui se déroulait : les phalanges du petit doigt et de l’annulaire étaient en contact en premier puis on déroulait le poing, et les phalanges du majeur et de l’index venaient progressivement au contact de la poitrine.
On observait une « roue du poing », que l’on trouve en Taï Chi Chuan, après plusieurs années et montrée par certains enseignants.
Le partenaire, une fois de plus, était davantage amené vers le sol que vers l’arrière. Là encore, le corps dans sa globalité est concerné, mais il est inutile de le rappeler🙂
Le centre bouge, tout bouge.
Pour ma part, j’avoue que j’étais plus que content car Hino Senseï m’a dit que je le faisais bien. Ouais !!!! Trop cool, mec !!!
Ça fait plus que plaisir, faut le dire ! Entre chaque stage, je me rends compte que je fais des « petits » progrès et c’est franchement agréable qu’il me le dise. Bon, c’est vrai aussi que ça marche un peu moins bien maintenant… mais c’est souvent pareil, quand le prof est là, ça va, dès qu’il s’en va, ça va moins bien. Qui n’a jamais connu ça, hein ?  :-)

Tourner les épaules
Au niveau de la ceinture scapulaire, le partenaire punchait au niveau du visage en faisant un pas vers l’avant. Le mouvement à faire ressemblait un peu à un tai sabaki d’aïkido ou à une application de reculer et repousser le singe de Taï Chi Chuan dans un mouvement tournant. Tourner sur l’intérieur du partenaire en enveloppant le bras qui punche par un mouvement circulaire horizontal avec notre bras opposé. Et continuer à tourner… le partenaire est comme absorbé dans le vide…dans notre tourbillon. Il n’y a presque aucun contact… cela rend cette application très belle, fluide… un peu magique mais réelle et efficace.
Les épaules tournent avec le corps, sur plus de 180 degrés, sans aller plus vite que le partenaire, en étant très à l’écoute et en gardant le pseudo contact de l’axe des épaules avec le bras qui attaque.

Il est temps de faire le ménage: nettoyer les vitres
Un autre exercice amusant mais formateur ressemble à une activité ménagère très connue qui s’appelle « nettoyer les vitres ». Hino senseï nous dit qu’il fait cet exercice depuis plus de 20 ans ( je ne parle pas du nettoyage des vitres, faut suivre !)

En face à face avec le partenaire, les mains sont ouvertes et verticales, les paumes au contact des paumes du partenaire.
Comme dans la danse, il y a un meneur et un mené. Dans un premier temps, l’exercice se fait sur place. Puis en déplacement: le meneur avance, recule, puis va librement dans tous les sens. Ses mains se déplacent vers l’avant s’il avance, vers l’arrière s’il recule ou sur les côtés s’il va sur le côté.
Le but pour celui qui est mené est de suivre les déplacements en gardant le contact des paumes. L’intention est focalisée sur la qualité du contact qui doit rester léger et que l’on doit garder tout du long. Dès le moindre changement de direction ou de pression des mains du meneur il faut s’adapter et suivre sans retard.
On retrouve une qualité d’écoute. L’exercice « nettoyer les vitres » se fait les yeux ouverts puis celui qui est mené ferme les yeux et on recommence comme précédemment, sur place puis en déplacements.
C’est un très bon exercice complémentaire à la pratique du tui shou ou mains qui collent en taï chi chuan…

2e étape : sur place, sans se déplacer, quand le partenaire augmente la pression de la main, l’objectif est de le ressentir le plus tôt possible et lui attraper la main en lui faisant une clé, une riposte, etc… C’est un travail fin sur le ressenti du contact.
Là encore, cet exercice complète parfaitement la poussée des mains ou mains qui collent du taï chi, savoir contrer le partenaire quand il a l’intention de placer un mouvement, ou un « potentiel » pour ceux qui passent des examens fédéraux🙂

Durant tout le stage, le principe était toujours le même, basé sur la qualité du contact.
A chaque fois, il fallait appliquer une force ou un contact continu et constant, en rapport avec la résistance ou présence du partenaire. Ainsi, il est inutile d’avoir un contact fort si le partenaire est détendu. Il faut savoir s’adapter.
Et quels que soient les exercices proposés, on retrouvait toujours ce même principe, subtil et délicat. Même si on ne réussit pas tout ce qu’il propose, loin s’en faut!,  la variété des applications qu’Hino Senseï nous montre permet de capter l’essence de ce qu’il veut nous transmettre. C’est une des richesses de ses stages.
Bon, mais après faut bosser… car capter l’essence, c’est pas toujours suffisant pour faire avancer la machine… surtout que l’essence ça s’évapore…

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